Vendredi 29 février 2008

J'ai des envies de plage... De sable, de mer, avec le bruit des vagues, le vent faisant frémir les filaos, le soleil brûlant la peau et surtout.... surtout.... de la place... Pas l'agglomération urbaine se translatant en une masse compacte du centre ville foisonnant du chaos d'une fourmilière prise de panique vers une étendue sablonneuse, et se collant les uns aux autres de façon à ce que les effluves olfactives voisines vous révèlent que celui qui empiète sur votre espace vital a mangé de l'ail en grande quantité au déjeuner, ni une plage déserte façon Vendredi ou la vie sauvage, mais une plage, simple, sans commerce ou vendeur de beignet, avec juste quelques personnes. Tiens, ça me rappelle quelques histoires d'activité nautique, tout ça... La première, quand je me suis essayé pour la première fois au surf.... C'était ailleurs, en Bretagne, au mois de Septembre, un des rares moments où, dans l'étendue du Finistère, il m'a été possible de prendre un coup de soleil. Si, si, c'est possible, je vous assure. Parti avec un camarade, tout aussi novice que moi, avec les combinaisons et les planches, dans sa voiture, (je n'avais pas le permis à l'époque, aussi étais je un parasite à trimballer) mise en break, avec le siege avant rabbatu au maximum pour pouvoir rentrer intégralement dans le véhicule, je n'avais comme place que celle jouxtant les planches, allongé, à l'arrière. Ce n'était pas très réglementaire, je vous l'accorde bien volontiers, mais jeunes et cons, et n'ayant pas d'autre moyen pour tenter d'assouvir nos vélléités de grands chasseurs de vagues, nous n'avons pas fait grand cas de ces circonstances. Aussi, tôt, le matin, nous sommes partis vers un spot connu et après un temps certain que je passais négligemment à profiter du soleil qui filtrait par les fenêtres du véhicule, nous arrivâmes sur le lieu désiré. Pour trouver à la place des déferlantes que nous souhaitions, une surface acqueuse immobile aussi vivante qu'une flaque d'huile sur un bord d'autoroute.

- Putain, c'est plat, ca va pas le faire....
- Ouep.....
- On va ailleurs ?
- Ouep....

Et nous sommes repartis dans l'autre direction, filant vers le sud car, il est bien connu qu'en Bretagne, si il n'y a pas de vagues d'un côté, c'est qu'elles font la fiesta de l'autre. Après quelques heures de trajet, nous arrivons au deuxième site. Et là, avec un sourire heureux non dissimulé, nous nous exclamons :

"Ouaiiiiiiiiiis y'a des vagues !!!!!!!!!"

Heureux de pouvoir assouvir nos désirs de glisse, nous enfilons nos combinaisons (Ca, c'est le passage sexy ou tu te rends compte que tant que tu n'es pas en train de naviguer, en combi, tu as grave l'air con, et qu'en plus, si c'est dit qu'il faut qu'elle te colle la peau, tu te demandes à ce moment là si ce n'est pas un tantinet exégéré, quand même, surtout quand, après t'être défoulé, il faudra la retirer....), et une demi heure plus tard, nous nous rapprochons. Et là, nous murmurons légèrement apeurés :

"Ah, ouais, quand même, y'a des vagues........."

Voyant déferler des murs de 2 à 3 mètres devant nos chétives silhouettes effrayées, nous marquons quand même un temps d'arrêt... Et puis quand il faut y aller, on se lance.... Avec la sérieuse impression que nous allons connaitre les douces sensations du vol de boomerang en faisant un retour direct sur le sable, version demi tour immédiat... mais on se lance ! Au départ, tout va bien... Oh, de toute façon, on rame... Faut avancer pour passer le mur où les vagues cassent, et atteindre le lieu beni où elles se forment. Mais c'est là que rapidement, se pose le premier problème, ne sachant ni comment on peut franchir ce cap, ni comment éviter d'ingurgiter 3 litres d'eau salées à chaque paroi acqueuse se refermant sur nous, un long moment d'allers et retours sur une ligne presque droite de 30 mètres commencent à user nos forces, et la capacité elastiques de nos estomacs. Après une heure de bouillon version over saturé en NaCl, les bras en compote et des crampes naissantes sur tout le corps, le retour à la berge semble être un choix raisonnable. Le déjeuner semble alors une idée totallement saugrenue, tellement la quantité de substance vomitive avalée nous donne la nausée, et l'idée même de retirer la deuxième peau que nous avions revêtue, paraît irréalisable au regard des maigres moyens physiques dont nous disposons encore, et qui se résume à :

- pas bouger
- respirer, enfin essayer...

Ne me demandez ce que j'ai vu du retour, la seule chose qu'il m'est resté est un coup de soleil que j'ai du prendre alors que je dormais a l'arrière...

Pour l'autre anecdote que je vais partager, j'ai été spectateur et non acteur... Et en l'occurence, je préfère.... Je me suis toujours damndé pourquoi il y avait peu de véliplanchistes à la Réunion, alors qu'il y a quand meme de belles étendues d'eau, des vagues, et du vent. La réponse est venue naturellement, lorsque l'un d'eux s'est élancé, après un superbe waterstart, prenant le vent et s'approchant du planing. sa course, droite et rapide s'est soudain arrêté d'un trait, quand la dérive de son funboard s'est bloquée sur un massif corralien, et qu'il est passé de 80 à 0 Km/h en une fraction de seconde. Enfin, sa planche, en tout cas, parce que lui a continué, arrachant ses pieds des straps avec eux, enfin, arrachant plus ses pieds que les straps, d'ailleurs, et faisant un superbe salto, encore accroché désespérément à son wishbone. Il est malheureux alors que ses mains n'arrivaient pas à se décrocher, par réflexe, du seul lien tangible qu'il avait (sa prise sur le wish'), car la voile et le mât ont suivi son arabesque jusqu'à la conclusion finale : la rencontre de l'homme et de la matière. Après cet exemple, je suis sur que, si il a gardé l'intégralité de ses facultés intellectuels, il est persuadé du bien fondé de la non-pénétrabilité de la matière.

Aussi, oui, je rêve de plage, mais sans tous ces artifices... Dans le monde des sacs et ressacs, lorsque le flux reflue, et que la mer appelle, glissant en son monde, faussement prétendu du silence. En fait, le petit français, Jacques Mayol, avait raison : on est tellement mieux au fond....

Par konda galner - Publié dans : délires
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 février 2008


Les heureux êtres inertes de leur joie bénie
S'abiment dans le gel d'une routine infinie
Portant comme une croix ce plaisant simulacre
Où fusionnent douce rancoeur et plénitude âcre
Ca sent la fin des temps et la visite au psy
Dans ce vestige social qu'on disait pour la vie
Les rapaces sourient, tout en compatissant
D'un discours décadent se voulant renaissant

J'ai damné mon âme de mes songes
Une parure de ténèbres où mes synapses plongent
J'ai damné mon âme de mes songes
Un fruit si délicieux que même les vers le rongent
J'ai damné mon âme de mes songes

Pantin sentimental balloté par ses vices
J'ai fait de mon myocarde mon marionnetiste
Je rêve d'être dépecé à coups de Morgenstern
Et reconstruit des mains de Victor Frankenstein
Les passions s'éveillant, vivre de flammes en cendres, 
Comme un zombi errant mordant dans la chair tendre
Où j'expulse ma rage, mes drogues et mes sévices
En un fast-food des sens et de ses artifices

J'ai damné mon âme de mes songes
Une parure de ténèbres où mes synapses plongent
J'ai damné mon âme de mes songes
Un fruit si délicieux que même les vers le rongent
J'ai damné mon âme de mes songes

Exangu, exalté sur un air de Carmen
Goutant de la faucheuse son delicieux hymen
Je vogue dans le brouillard de vapeurs éthyliques
Où mes délires se trament de souvenirs iniques
Et créent une tapisserie de mon avenir passé
Qui regarde mon cadavre comme un Cain damné
Je transmute en carcère, emprisonne Tantale
Et transforme ses douleurs en mon obscur mental

J'ai damné mon âme de mes songes
Une parure de ténèbres où mes synapses plongent
J'ai damné mon âme de mes songes
Un fruit si délicieux que même les vers le rongent
J'ai damné mon âme de mes songes

(Sur un air scandale mélancolique de Thiéfaine, partenaire de mes nuits de blues. Emprunt de sa rythmique)

Par konda galner - Publié dans : quelques vieux écrits
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 25 février 2008

Il m'arrive parfois de mordre. Même quand on ne me le demande pas. Non, je ne parle pas de ces nuits de claire-lune, où, le poil hirsute, les crocs étincelants, et l'écume aux lèvres, je me mets en quête de ma pitance du soir. Si vous m'avez croisé alors, dans l'un de ces moments de... heu.... relachement de mon être ? je vous prie de m'excuser pour la gêne occasionnée. Si tant est qu'il vous soit encore possible de recevoir une demande de pardon. Mais sinon, oui, parfois je mords consciemment, tantôt avec l'approbation de la victime, tantôt parce qu'elle le souhaite inconsciemment, tantôt enfin, à l'improviste. Suis je à blâmer pour autant, et à lapider sur l'autel de la compassion, avec les trames d'une hypocrisie lattente qui se dessinent en filigrane dans un grand élan de guimauve ? Je ne sais pas, il y a quelquechose qui me dit au fond de moi qu'une baffe sonnant un désaccord est souvent plus salvatrice qu'un "Allez, va, j'te comprends, ca ira mieux demain" faussement compatissant,  alors que le véritable fil de la pensée se dépeind plus sur une toile de mise à l'épreuve nerveuse, lutte interne entre la patience s'effilochant et l'heure qui tourne, marquant immanquablement le début de l'épisode prochain des feux de l'amour à la télé, et celui qu'il ne faut surtout pas manquer parce que John va apprendre que Suzie a connu Georges avant lui, et c'est un drame qui va remettre en question l'héritage de son petit fils, car depuis que Peter a disparu il y a 45 épisode, on ne retrouve plus le testament faisant d'Armand, le demi beau frère par seconde alliance de l'oncle du voisin, le détenteur de l'honneur de la famille : le moulage de carbonite d'Harrisson Ford dans l'Empire contre-attaque.

J'exprime même une certaine violence dans mes propos ("Oh ? Déconne ? Tu nous l'aurais pas dit qu'on l'aurait jamais su", oui, je sais....) lorsqu'un de mes proches, à mon (humble ? mouahahahahhahaha........ C'est comme dans les formulaires : rayez les mentions inutiles...) avis, se plante complètement. Pas souvent facile à encaisser, peu le font, en vérité. Ceux là, par contre, je les suivrai jusqu'en Enfer, quitte même à aller les chercher. Comme disait Rafiki à Simba, il suffit de passer l'épreuve des bosses ! ;)

Parfois, aussi, et aux mêmes, ils m'arrivent de m'ouvrir totallement et de laisser sourdre ce que je ressens dans les replis de mon âme. A ceux là, j'offre ce que je suis sans retenu, dans ces rares moments, qu'ils soient présents, ou passés. Parfois se font ils l'écho de souvenirs sybillins, pourtant, je ne les oublie pas. 
Certains soirs je les regarde, en ma mémoire, et leur rend hommage, car pour le peu que je puisse être, je dois bien m'incliner pour leur dire - et Dieu sait que j'ai du mal à courber l'échine - ce sont eux qui m'ont fait, et parfois porté sans même le savoir.

A ceux qui peuplent mon univers, qu'ils soient fantômes ou êtres de chair.

(Promis, y'en aura pas beaucoup des comme ça, je remets mon manteau de cynisme, et me calfeutre sous ma cape sarcastique... Nan mais oh, faudrait pas déconner non plus.... Enfin, pas trop longtemps du moins.... )

Par konda galner - Publié dans : délires
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 24 février 2008

Un grand Loup s'en allait à grands pas,
Retrouver sa muse, celle pour qui son coeur bat
Il croise une jeune fille, toute de rouge vêtue
Avec sourire de braise, et regard entendu

"Hola, monseigneur le Loup, où courrez vous comme ça ?
"Ne m'aiderez vous donc point à traverser ces bois ?
"Javoue simplement que, quand vient la nuit,
"les ombres s'allongent, et ma peur aussi"

Etant d'âme généreuse, et touché par la grâce,
il ne concevait point de la laisser sur place
Aussi, innocemment, lui tendit il le bras,
Afin de la guider là où elle ne tremblerait pas

La nuit était claire, les odeurs des forêts
Embaumaient l'air entier en cette fin d'été
Mais il ne voyait pas que parmi les arbres
Les yeux doux de sa belle se durcissaient de marbre

Son cri déchira la nuit,
Dans l'obscurité, s'éteignit
Le loup fou, courra la retrouver
Il ne gagna que tristesse et regrets.

La suite est une sombre histoire,
Pour le loup qui perdit tout espoir.
Son âme brisée, découpée à la hache
Abandonna à jamais sa grandeur, son panache

Aussi que vous soyez bucheron,
Grand mère, passant, ou chaperon
Ne jugez pas trop vite un coeur amer
Il n'a peut etre pas toujours été de pierre

Par konda galner - Publié dans : quelques vieux écrits
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 24 février 2008

Bon d'accord, pour les rares pelés tondus qui seraient, par un malheureux hasard tombés sur ces pages, et pour ceux encore plus rares qui auraient poussé le masochisme jusqu'à lire entièrement quelques articles (vous tenez vraiment à vous faire du mal, n'empêche... note pour plus tard : penser à passer un contrat de partenariat avec l'ensemble du corps médical psy, on ne sait jamais, ca pourrait relancer le commerce...), je suis misanthrope, je n'aime pas les gens, j'ai un coté élitiste qui fait que je ne me retrouve pas dans les distractions, loisirs et occupations fournies communément au monde extérieur à mon propre cocon. Mais sérieusement, comment le pourrais je ?

Tiens, ce matin même, alors que mon visiteur d'hier s'est envolé, par faute de nourriture substancielle à se mettre sous les mandibules, (voir article précédent, pour les aspirants maîtres masochistes) et libéré de cette présence carapaçonnée, j'ai donc décidé de remplir le vide désormais légendaire de mon frigo. (tentative vaine, je sais, même après, il est à moitié vide, et encore, pas pour longtemps...). C'est à ce moment là que je me suis rendu compte que Jean Paul avait vraiment raison, l'enfer c'est les autres... Oh, j'ai du le savoir déjà, lors d'une séance de remplissage de cadi précédente, mais il faut croire qu'il existe une faculté humaine nécessaire à sa survie : l'oubli. Sinon, mon frigo resterait désespérément vide, peut être se remplirait-il de toiles d'araignées ou de créatures vertes rampantes, tentant de pousser la porte de l'intérieur. (Il y avait comme un bruit de sussion cette nuit, et j'ai retrouvé la porte ouverte ce matin... Aurais je trop attendu ?)

Bref, en ce dimanche matin, je suis allé faire quelquechose d'horrible : LES COURSES

En analysant un tant soit peu le chaos frénétique reignant en ces lieux, on comprend facilement pourquoi il y a tant d'accidents sur les routes de France, si l'attitude derrière un cadi est la même que celle derrière un volant, je m'étonne même du faible nombre d'arrêts prématurés des fonctions vitales d'usagers de la route au regard la quantité de circonstances favorables. Outre les cas classiques de stationnement de cadi n'importe où, n'importe quand, y compris aux heures de pointes dans les rayons d'arrêt d'urgence, la capacité exceptionnelle d'obstruer complètement le passage d'une voie à 4 véhicules avec seulement deux engins à 4 roues, ou l'anticipation à la circulation digne d'une moule anémique, qui fait que, dans un rayon où deux conducteurs arrivent en face à face, depuis les deux extrémités et voyant bien qu'il y a quelqu'un de l'autre côté avançant dangereusement dans l'autre sens, la réaction à cet événement aux promesses funestes ne se verra que lorsque les deux protagonistes seront à 20 cm l'un de l'autre dans le meilleur des cas. On verra alors le plus souvent, un arrêt sur image pouvant atteindre les 30 secondes, les deux adversaires se dardant d'un regard inflexible, immobiles, avec toute l'intelligence d'une huitre close, et la hargne d'un roquet d'appartement. Quand l'un cèdera le passage, c'est sans compter la non surveillance de ses arrières, un circulant à deux pieds armé d'un panier plastique passant alors au ras de l'armature mettalique des véhicules stationnés, au moment où l'un décide de déboiter. Le drame survient, la collision superbe de violence projettant le plus léger dans les chips sur le bas côté. Immanquablement, le constat se veut rempli d'insultes, si ce n'est exprimées, au moins pensées et transmises de toute leur force dans le regard. Le bilan sera une mauvaise humeur exacerbée chez l'ensemble des protagonistes, ainsi que la mort par écrasement de 258 morceaux séchés de pomme de terre.

Après avoir passé les slaloms terribles des pilotes émérites, les arrêts impromptus pour contemplation du rayon maquillage, les demi-tours intempestifs alors que l'allée était visiblement en sens unique, le passage pour les encombrants qui ne s'est pas fait lorsque vous arrivez au rayon bière, et que, comme au troquet du coin, un conducteur arrêté discute paisiblement, avec un piéton sans s'occuper de la gêne qu'il peut occasionner au bon déroulement de la circulation, et bloquant notamment l'accès à l'objet de mes convoitises -le dernier pack de 3 Adelscott - j'arrive ENFIN vers la fin du périple : la caisse. Ne pas espérer qu'une soit libre et attende votre passage, il faut bien entendu faire la queue, et se rendre compte que le temps d'attente pour pouvoir se soulager de quelques dizaines d'euros et sortir de cet expiatoire des nécessités humaines de nourriture et de consommation est supérieur à l'éxecution des déambulations qui vous ont mené à cette finalité. Vous laissez naturellement une place entre celui qui vous précède et votre véhicule, afin de laisser la passage aux usagers venant d'une direction perpendiculaire. Grossière erreur, vous rendez vous compte, lorsqu'un malotru s'insère, innocemment dans l'interstice laissé, et évite ainsi d'entamer sa patience quelques mètres plus loin. Vous avez alors le choix entre provoquer un scandale avec ce sans gêne que les convenances jamais respectées de la vie en société n'effleurent que lorsqu'il est lui même lésé, et ronger votre frein - ou celui de votre cadi - en laissant couler l'histoire... Avant que vous ne puissiez sortir, le même prendra alors tout son temps pour empaqueter ses affaires, choisir les sacs qu'il prendra, en vérifiant qu'il n'y a pas un léger trou dans l'un deux, n'aura pas fait pesé ses patates - consciemment, afin de gagner un peu de temps, et de refaire le même coup aux fruits et légumes en évitant de patienter derrière ceux qui sont déjà présents - et payera en liquide, cherchant à se débarasser de façon optimale des pièces jaunes qu'il a emmagasiné pendant 2 mois.

Lorsque vous arrivez enfin chez vous, et que haletant avec vos 18 sacs emmenés en une seule fois parce que vous n'aviez pas le courage de faire deux voyages après avoir accompli les 12 travaux d'Hercule en un temps record, votre glace est fondue, vos oeufs ont éclos, les poussins ont becqueté tout le pain de mie, le fromage est devenu vivant, et pour un clacos, il s'exprime gravement, et les surgelés ne sont plus reconnaissables que par l'indication inscrite sur l'emballage. A défaut de remplir le frigo, ce sera un entassement immédiat dans la poubelle. Sauf pour les poussins qui rejoindront leurs prédécesseurs devenus grand au sein de l'élevage qui a pris naissance il y a de nombreux mois dans votre baignoire, et le clacos, qui, même si il refoule sérieusement du goulot, est pourvu d'une belle voix de baryton.

Demain, je commande une pizza...... Et une ambulance en même temps...

Par konda galner - Publié dans : délires
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 23 février 2008

Ca y est... C'est chronique.... C'est le week-end, fabuleux moment de détente où les uns, changeant leur costume de fourmi pour un air de cigale prévoient d'hebdomadaires banquets faisant sembler frugals les anciennes orgies, et les autres s'en vont déambuler dans les lieux de débauche nocturnes communs destinés à expulser les tensions, enfouir les ressentis, et calmer l'ardeur populaire pour maintenir un semblant d'ordre dans un monde absurde. Du pain et des jeux, selon l'adage Juvénalien. En fait, depuis Rome, on a pas tellement évolué. Même avant d'ailleurs... Tant qu'on peut se remplir la panse et s'anesthésier la conscience devant une finale au Parc des princes, ou la déconfiture d'un aspirant chanteur que personne ne connaîssait deux semaines avant mais que tout le monde aiiiiiiime maintenant tellement il reflète dans son brushing tout ce que nous sommes, et qu'en plus il est trop beau, bref, tant qu'on évite de risquer de griller un neurone, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. (Et une eprouvette pour Noel, une !!! )

Et bien moi pas... Ce week end, mon cafard a décidé de me rendre visite à l'improviste, et comme une tâche, il s'incruste... Ce n'est pas tout à fait ce que j'attendais comme visite, ayant laissé la nuit dernière la fenêtre ouverte malgré la menace cyclonique, j'esperais plutôt une petite fée blonde habillée en vert qui serait venue me chercher pour aller combattre les pirates. Oui, je connais le chemin, 2ème étoile à droite, et filer tout droit, jusqu'au matin, mais la seule poussière que je puisse utiliser est celle que je cache sous le tapis. A mon dernier essai - la mise au point nécessitera quelques temps encore - j'ai flotté pendant un millième de seconde avant que son effet ne s'estompe... Deux étages plus bas. C'est donc un insecte noir et glauque à la place d'une luciole sexy qui a franchi l'embrasure de ma fenêtre.

Quand même, c'est un calvaire de jouer les hôtes pour un tel triste sire, j'ai beau essayé de le distraire, lui proposer un karaoke sur les airs de dessin animé de notre enfance, jouer à chat lui fait peur, (forcément, c'est un cafard), il ne parle pas, il ne sourit pas, en fait, il passe son temps à manger et à me happer de tout le vide de son regard. M'en fous remarque, le frigo est vide... Et c'est effrayant de constater, lorsqu'on le fixe, qu'il renvoie au propre vide intérieur qui me hante. Tiens, ca me rappelle un strip de Maliki (www.maliki.com, je vous le conseille...), où elle imaginait que nos âmes choisissaient à chaque incarnation le type de vie qu'elles auraient, en fonction d'un degré de conscience. L'inconscient autiste, l'insouciant beauf, le standard classique, ou le hard core... Et le hard core, c'était celui qui avait une conscience suraigue de la vanité de l'existence.

Alors oui, je broie du noir, et je le fais BIEN ! Avec une conviction inébranlable, une assiduité digne du cercle des poêtes disparus, tant je fais valoir mon droit à l'immobilité. Mais.... Hey, je vous parle ! Partez pas, non, restez, soyez cool... Il fait sombre ici, et... j'ai peur du noir.... C'est pour ca d'ailleurs que je le broie avec autant de régularité, je me dis que peut être, comme ça, il en restera moins....

Par konda galner - Publié dans : délires
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 21 février 2008

Tout utilisateur d'internet, du newbie tremblotant ne sachant pas où il faut cliquer avec son mulot au geek le plus atteint dans son comportement social au point d'essayer de reset la journée pour que l'état de son appartement soit reinitialisé, ayant, en tout premier lieu, une boite mail, et quelques contacts au sein de son carnet d'adresses, bref, toute personne susceptible de lire ces lignes a forcément reçu un jour un chain mail.

Si, si, le genre de trucs délire, parodique, stupide, prémonitoire obscurantiste, dramatique, ou appelant à la révolte, faisant que ce monde est condamné tous les jours au bas mot quelques millions de fois, ce qui est bien dommage en passant, car, il paraît que je dois rencontrer le grand amour 956 fois la semaine prochaine. Ce qui me chagrine, car je n'aurai jamais la réponse à cette question existencielle profonde qui me taraude à chaque fois entre le moment où je prends ma douche et celui où je me lave les dents :

Comment puis je rencontrer l'amour autant de fois, en si peu de temps alors que je n'ai pas un attrait particulier pour la polygamie ? Et surtout... Comment vont elles toutes faire pour s'entendre en elles ? Serait ce le déclencheur de la fin du monde annoncée ?

Bref, en ayant recu un pour la 567ème fois hier, de la part d'un collègue de travail, et m'ennuyant alors profondément, j'ai simplement décidé de répondre à cette grande interrogation contenue dans son message. En voici le résultat :

Pourquoi ?

La question est fondamentale : POURQUOI ?

On n'a pas souvent l'occasion, en ces temps agités, de se poser les vraies questions. Et pourtant...

POURQUOI tu peux avoir une pizza à ta maison plus vite qu'une ambulance ?
Tu peux avoir une pizza plus vite qu'une ambulance parce que la pizza risque de refroidir, alors que pour le corps, c'est pas bien grave, c'est deja le cas.

POURQUOI les gens commandent un double cheeseburger, des grosses frites et un coca... light? 
On prend un coca light pour avoir plus de bulles, ou par fausse bonne conscience, ou pour faire un pied de nez a son medecin.

POURQUOI nous achetons  des saucisses à hot dog en paquet de 10 et des pains à hot dog en paquet de 8 ?
Les pains à hot dog sont en paquet de 8 pour donner une bonne raison de retourner en acheter pour finir les saucisses, puis de retourner acheter des saucisses pour finir les pains, puis.......

Par ailleurs, ne t'es-tu jamais demandé...

POURQUOI les femmes ne peuvent pas se mettre du mascara la bouche fermée?
Les femmes gardent la bouche ouverte quand elles se mettent du mascara, parce que quand on se regarde dans le miroir, on essaye de tout faire pour gommer les defauts, et la en l'occurence, ca tire la peau, et atténue les rides... (ouhhh elle est méchante celle-là...)

POURQUOI le mot 'abréviation' est si  long ?
Le mot Abreviation est si long pour qu'on n'abuse pas de son utilisation. Nan, c'est vrai ca fatigue...

POURQUOI le jus de  citron est fait de saveurs artificielles et le liquide vaisselle est fait de vrais citrons ?
Parce qu'un vrai jus de citron, ca risquerait d'être bon pour la santé, et qu'on ne risque pas de boire du liquide vaisselle

POURQUOI il n'y a pas de  nourriture pour chat à saveur de souris ?
Pas de paté pour chat a saveur de souris, parce que quand la nourriture elle bouge pas, c'est pas marrant...

POURQUOI ils stérilisent l'aiguille qui sert à l'euthanasie  ?
Parce que si jamais ils se trompent entre un calmant et une dose de curare, il est preferable que le mort en sursis ne s'infecte pas pendant son sommeil. Nan c'est vrai, faut faire les choses proprement...

Tu connais ces boîtes noires  indestructibles dans les avions...

POURQUOI est-ce qu'ils ne fabriquent pas l'avion au complet dans ce matériau ?
Si voler est si sécuritaire, POURQUOI  l'aéroport s'appelle le 'terminal' ?
L'avion est pas fait en boite noire, parce que sinon, on aurait jamais pu voir 58 minutes pour vivre au ciné. Pis voler EST sécuritaire, c'est l'atterrisage qui l'est parfois moins, d'où le Terminal...


Et toujours...

POURQUOI est-ce qu'on appuie plus fort sur les touches de la télécommande quand les piles sont presque à plat ?
Pour la télécommande, c'est comme pour les hommes... A partir d'un certain degré de baffes, ils comprennent ce qu'on attend d'eux, sans meme qu'on ait besoin de leur demander.

POURQUOI est-ce qu'on lave nos serviettes de bain ; est-ce qu'on n'est pas sensés être propres quand on s'essuie avec ?
On lave nos serviettes de bain, parce que le savon décolle la saleté, la serviette la récupère.

POURQUOI les pilotes kamikazes portent-ils un casque?
Les pilotes kamikazes portent des casques pour donner des coups de boule si jamais par malheur ils s'en sortent

Questions cruciales :

Quand on étrangle un Schtroumpf, il devient de quelle couleur ?
Un schtroumpf ne s'etrangle pas. ceux qui ont essaye ont trouvé un nouveau moyen de decapitation

Comment les panneaux 'DÉFENSE DE MARCHER SUR LA PELOUSE' arrivent-ils au milieu de celles-ci ?
Le panneau "défense de marcher sur la pelouse" s'est retrouvé planté au milieu parce qu'à l'époque, on avait reçu la visite de l'equipe nationale Canadienne de lancer de nain. Ils ont aidé le gardien du parc, quand il tenait le panneau...

Quand l'homme a découvert que la vache donnait du lait, que cherchait-il exactement à faire à ce moment-là ?
Beaucoup d'hommes étant des boeufs, la decouverte du lait de vache par l'humanité n'est pas vraiment une surprise....

Si un mot dans le dictionnaire est mal écrit, comment s'en apercevra-t-on ?
Pour éviter le dictionnaire, demander à Google, c'est ton ami.

POURQUOI ce couillon de Noé n'a-t-il pas écrasé les deux moustiques ?
Noe n'a pas écrasé les deux moustiques, parce qu'il était occupé avec la chèvre.

Est-ce que les ouvriers de chez Lipton ont aussi une pause café ? 
Oui, les ouvriers de chez Lipton ont une pause café, mais ils vont chez la concurrence pour la prendre

POURQUOI les moutons ne rétrécissent pas quand il pleut  ?
Ils ont essayé de rétrécir, les moutons, mais ils se sont faits grave engueuler, alors du coup, ils ne refont plus

POURQUOI 'séparés' s'écrit-il en un mot, alors que 'tous ensemble' s'écrit en deux mots séparés ?
Tous ensemble est en deux mots parce qu'il faut etre plusieurs pour l'etre, Ensemble et seul, c'est de la megalomanie. Séparé est en un seul, car quoiqu'on en dise et même si on prétend que c'est mieux comme ça, jamais cela n'a été souhaité réellement.

Je veux acheter un boomerang neuf : comment puis-je me débarrasser de l'ancien ?
Lance le très fort, un p'tit peu vers le haut, et cours dans la même direction que lui. Quand il décide de faire demi-tour, tu passes dessous, il revient, il te voit pas, et toi, tu continues ta route.

POURQUOI les établissements ouverts 24 heures sur 24 ont-ils des  serrures et des verrous ?
Comment pourrait on savoir que c'est ouvert ou fermé si y'a pas un verrou non utilisé dessus ?

Par konda galner - Publié dans : délires
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 20 février 2008

Il est parfois des questions inutiles que l'on se pose, et qui nous occupe pendant un temps infini, ce qui fait que la bière accompagnant les pensées se charge de l'atmosphere chaude et humide environnante, et revient aux sources traditionnelles - la cervoise tiède - Et c'est un drame, quand, la gorge aussi asséchée que les idées, la main se tend vers l'espérance d'une libération salvatrice revigorante, et qu'elle ne trouve alors qu'un breuvage infâme et éventé. Par exemple, il y a de ça quelques semaines, alors que, planant dans les hautes sphères musicales d'une version acoustique de "Wave of Mutilation", des Pixies, je remarquais plus qu'à l'accoutumée la présence - unique - d'une note cristalline au milieu du morceau. A ce titre, alors, je me posais la question si il y avait lors de l'enregistrement un musicien présent juste pour cette éphémère césure. Puis, mes délires vagabondant, en prenant pour acquis qu'une personne était dédiée au coup fatal, je l'investissais d'une carrière professionnelle fulgurante dans le domaine musical, catégorie percussion d'instruments de petite catégorie. Oh, il avait du faire le conservatoire, et passer de longues heures d'étude et d'entrainement au maniement de son instrument (pensez toujours musique, non, s'il vous plait, même si le thème général peut relever de la percussion, dévier vers d'aussi facheuses tendances alors que l'on évoque le devenir d'un artiste serait indigne).

Mais quelle vie pouvait il avoir ?

En effet, le rôle attribué, même si indispensable, n'en demeure pas moins ingrat. Dans la situation la plus évidente, visualisons le au sein d'un orchestre classique, les cordes entamant, lancinantes, une mélopée envoutante, les cuivres emportant ensuite d'une énergie fabuleuse cet hymne de vie qui se joue dans les vibrations de l'air, le tout s'harmonisant en un continuel balet auditif, fusion parfaite des outils et des âmes. Posé, au milieu de cet élan sonore, lui ne voit qu'une partition bardée de portées vides.... A la 113eme page, enfin, une note unique le verra entamer et finir son rôle dans un même mouvement du poignet. Quelle frustration pour lui... A peine entre t'il en scène que le rideau se baisse sur sa performance. Et quel stress ! Si jamais il ratait l'instant ? Une carrière prometteuse fichue, à cause d'un éternument, d'un syndrome compulsif assimilé à un Parkinson naissant, ou d'un délire créateur, car pris dans la ferveur et l'intensité du moment, confiant en ses propres capacités, cet artiste non reconnu pourrait bien, sur un coup de tête, s'engager dans un solo improvisé à l'instant où le chef d'orchestre indique son intervention. Seulement, un solo au triangle se veut bien moins attrayant qu'une éxécution magistrale de virtuosité d'un violon ou d'un piano. Ses variations sonores sont quelque peu limitées, et même si un rythme prenant est donné aux tintements métalliques, cela se rapprochera plus en somme d'un morceau de Techno que d'une performance classique.


Déjà que par son costume et sa posture, immobile au milieu des musiciens phares, il affiche une attitude de pingouin désoeuvré, s'extraire de cette stature de marbre rajoute l'hilarité à la frustration. Désolé alors, suite à ses déboires, il décide de s'arrêter dans un bar afin d'éviter de revenir au vide silencieux de son appartement. Installé au comptoir, une jeune femme séduisante, s'approche et entame la conversation, et ils commencent, peu à peu à faire connaissance. L'attention et la méfiance se relachent, jusqu'au moment fatidique où, innocente et enthousiaste, elle demande :

- Et qu'est ce que tu fais dans la vie ?
- Moi ? Je suis musicien.
- Ah ? Tu chantes ? Tu es guitariste ?
- Non, non, rien de tout ca, je suis joueur de triangle

Et c'est à ce moment que la magie se brise, qu'elle cherche une sortie, et que sa grand mère vient de décéder à l'instant, par SMS, pour la quatrième fois de la journée.

Aussi, lorsque vous en verrez un, et qu'il osera faire son coming out, ne fuyez pas le joueur de triangle, peut être meme, si le coeur vous en dit, demandez lui une petite démonstration. Soutenez le front de libération des joueurs de triangle, en revendiquant que le silence est une musique qui ne trouve sa plénitude que lorsqu'elle est interrompue d'une note discrète, mais rayonnante et vibrante.

Par konda galner - Publié dans : délires
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 20 février 2008
Aile – 14 Novembre 2001
 
Il fait nuit noire sur la ville lumière. Une pluie battante et régulière rajoute encore un peu plus de discrétion à l’obscurité qui englobe Notre Dame. Posé sur les murs parmi les gargouilles de pierre, immobile, mes ailes noires à moitié déployées me désignent comme l’une d’elle. J’aime me retrouver là, à contempler les humains encore éveillés déambuler à ces heures tardives, comme des âmes égarées. Si seulement ils savaient à quel point… Après plusieurs décennies d’observation, je ne parviens toujours pas à savoir qui ils sont. Tout ce que j’ai pu apprendre de mes instructeurs ne pèse finalement pas bien lourd quand on est confronté à la réalité de leur monde. Créatures pathétiques qui se débattent dans une existence où elles ne contrôlent rien, elles ne se rendent même pas compte de leur condition précaire. Parfois je les envie de ne pas savoir… Les heures passent. Rien ne vient troubler la litanie du vent faisant battre quelques stores, mêlé au rythme régulier du martèlement de la pluie, si ce n’est quelques passants pressés par l’averse. Les heures passent, jusqu'à ce que presque plus rien ne bouge. Un homme déboule d’une ruelle, courant à perdre haleine, apparemment plus pressé que la pluie ne le justifie. Quatre autres suivent, et vont le rattraper. L’espace d’une seconde, j’hésite à intervenir. A quoi bon l’aider… Avec un peu de chance, il s’en sortira avec quelques plaies et bleus, peut être une fracture. Je me détourne et m’envole vers d’autres toits.
 
Je trace ma voie parmi les ombres, porté par l’habitude de chemins longuement empruntés au quotidien. 02h30, je me retrouve devant sa fenêtre. Comme souvent, elle ne dort pas, glissant comme un bateau ivre sur la mer cirée du plancher de son appartement, un clope au bout des doigts indiquant son passage comme une balise. Elle est l’une des rares créatures que j’ai croisées qui m’intriguent vraiment. Elle se débat tous les jours avec la condition humaine de la mortalité, et contrairement à beaucoup elle en est consciente. Pourtant, elle ne sombre pas, et garde toujours une lueur d’espoir et de volonté. Réellement, elle m’intrigue… C’en est presque agaçant, à force. Peut être devrais je la tuer afin que ces images ne me hantent plus… Non… Ce serait me priver de sa présence, et peu de choses arrivent à me distraire ici bas. Certaines fois, j’ai craint qu’elle ne m’ait vu, lorsqu’elle bondissait vers sa terrasse, en ouvrant rapidement la baie vitrée, mais son regard n’a jamais su percer mes ombres. Peut être sent-elle ma présence de temps à autre. Lui resterait il encore des vestiges de ce sixième sens que les hommes ont oublié, qui soutient et exacerbe la volonté de survivre ? L’instinct… Ce que l’on sait sans savoir pourquoi, et sans avoir aucune raison de le croire. Oui, elle est instinctive. Comme une proie qui menace son prédateur… Que ferais je si elle me découvrait ? L’annihiler probablement, première réaction naturelle quand on se sent menacé. Il est vrai qu’elle me manquerait. Ou un baiser d’oubli, sinon, si je suis pris d’un élan de compassion, mais le phénomène brise toujours une partie de ces êtres fragiles, elle ne serait plus vraiment elle même. Je m’amuse à imaginer une rencontre où je me tiendrai devant elle, à me délecter de ses réactions, de ses sentiments, de ses peurs, de sa fascination. Je n’irai jamais vers elle, ce n’est ni dans ma nature, ni dans mes prérogatives. Je doute que cela puisse arriver de toute façon, il faudrait une sacrée force psychique pour pouvoir briser ma coquille de ténèbres. Sacrée… Quel terme ironique ! Ca ne sera pas pour ce soir, apparemment, elle jette sa cigarette à moitié consommée par delà la terrasse, s’abîmant dans le gouffre de la rue comme une luciole agonisante, elle éteint la faible lumière qui éclaire péniblement la pièce, et part se coucher. Et je m’envole encore….
 
Je passe au gré des vents le long des artères de cette cité tentaculaire. A l’observer de la sorte, elle s’apparente à un géant endormi, la rumeur sourde et discrète de la ville à sa respiration régulière et lancinante, un crissement de frein ou un volet qui claque symbolisant un spasme au sein d’un sommeil troublé par un mauvais rêve. Elle est vivante, cette ville… Un cancer de feux d’artifices d’ombres et de lumière. J’y suis comme un corps étranger, parfois parasite nuisible, parfois symbiote involontaire. A force, j’ai même fini par m’y attacher. Il faut que j’arrête de me laisser aller comme ça, on pourrait presque croire que je développe un embryon de sensibilité humaine ! Quelle déchéance !
 
Les heures s’allongent, le temps s’écoule. Après une nuit d’errance, et avant les premiers rails de lumière, je retourne finalement me poser parmi mes fiers frères de pierre. Le sommeil me gagne pendant que la cité s’éveille. Une nuit de plus dépassée… Combien encore…
Par konda galner - Publié dans : oeuvre en cours
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 20 février 2008

A ce qu'il paraît, j'aurai un vague talent en tant que jongleur de mots, et, aimant bien aligner les lettres jusqu'à ce que ce chaos s'organise en un signification qui n'en révèle pas forcément le sens, j'ai décidé, il y a quelques temps de commencer l'écriture d'un roman. Oh, je ne cache pas que l'entreprise se révèle plus fastidieuse que je ne l'aurai escompté au départ, emporté par les élans du commencement d'un défi nouveau. J'avance, parfois à la vitesse de la plume au galop, parfois stagnant comme un mime attendant qu'une piecette vienne lui permettre de changer sa posture... Voici ici livré le tout début, écrit il y a de nombreux mois déjà....

Par konda galner - Publié dans : oeuvre en cours
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus