Il était une fois une étoile filante qui traversait la Voie Lactée, parcourant la vaste galaxie comme un électron libre, elle riait en regardant, sur son passage les astres sédentaires, qui ne faisaient que dériver autout d'un centre gravitationnel. Elle semait ses poussières partout où elle passait, faisant éternuer les vieux soleils bougons en de vastes langues de flammes. Seule sa course comptait pour elle, et elle ne trouvait son bonheur qu'au plus haut de sa vitesse.
Un jour, alors qu'elle s'approchait de notre système, elle remarqua une planète toute bleue, autour d'une jeune étoile, troisième au milieu d'une série de neufs. Oh, il y avait sur les autres de belles choses à voir, les anneaux de Saturne, le froid glacial de Pluton, ou le chaos infernal de Jupiter, mais rien qui ne fit qu'elle s'arrêta. Ce minuscule grain de Terre se distinguait en cela : il abritait la vie. Intriguée, la petite étoile filante fit une chose qu'elle n'aurait jamais pensée possible : elle ralentit, incurva sa course pour se rapprocher, et s'arrêta, fascinée par ce spectacle totallement nouveau pour elle. Or, il est bien connu qu'une étoile filante ne peut se mouvoir que grâce à son ciel de traine, un nuage stellaire de poussières aspirées par son élan lors de sa naissance, et qui ne lui restent attachées que par sa vitesse. Le nuage s'effilocha et tomba vers la Terre, en un scintillement d'or, qui donna naissance sur l'ensemble du globe à la première aurore boréale.
L'humanité n'était alors qu'à ses balbutiements, mais les hommes levèrent les yeux vers le ciel, happés par l'insolite et magnifique événement. Ils furent enveloppés et imprégnés par les poussières d'étoile et ce don du ciel fit germer et s'éveiller peu à peu en eux le côté artistique, créateur, l'imagination et la capacité de rêver. Depuis, les hommes contemplent parfois admiratifs la voûte céleste, avec une émotion qui leur est encore insaisissable. Et la petite étoile, me direz-vous ? Elle est toujours là, elle a perdu son aptitude à se mouvoir, et a pris sa place, fixe, au sein de la galaxie. Parfois, elle repense avec nostalgie à lépoque où, jadis, elle filait entre ses grandes soeurs, en éclatant d'un rire silencieux dans le grand vide spatial. Mais elle ne regrette pas, car elle veille sur la Terre comme un Dieu protecteur, insufflant par les particules d'elle-même qu'elle a léguées à ceux qui savent l'écouter l'inspiration et le talent qui déferle en un souffle sur le plus modeste des artistes amateurs. Parfois, lorsqu'ils se sentent vides, et qu'ils sont à la poursuite de ce qu'il leur manque pour continuer leurs oeuvres, ils lèvent les yeux inconsciemment à sa recherche, et lorsqu'elle les trouve, elle sublime leurs visions de son souffle.
Ecoutez les étoiles, elles vous parlent.
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Place fixe ? Pas d'accord... :)
Dans un univers où rien n'est vraiment immobile, elle a juste choisi de ne plus avancer toute seule, c'est différent...*+*+*
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Scientifiquement :
Dans un référentiel Galiléen tournant, et selon les lois de la physique Newtonienne, le corps qui se déplace à la même vitesse et selon la même trajectoire que le réferentiel est fixe par rapport à celui-ci.
Transporencommunément :
Un usager prenant le bus, et s'installant à une place qu'il choisit, et qu'il conserve tout le long du voyage est à une place fixe, si l'on excepte bien évidemment les mouvements dus au chaos de la route ou ses obligations respiratoires.
Ethnologiquement :
L'homme est soit nomade, allant sur les routes et traversant un parcours déterminé ou hasardeux, soit sédentaire, en groupe et jouissant des bienfaits de la civilisation communautaire de masse. Dans ces cas, si l'on excepte encore les 5 semaines de congés par an pendant lesquelles il devient nomade le temps de se re-sédentariser sur la station balnéaire, au camping des flots bleus, avec paul, Roger et Henriette, il peut être considéré comme fixe.
Psychologiquement :
En regardant autour de soi, on voit une infinité d'exemples d'êtres s'agitant dans tous les sens et, en terme d'espace pouvant remplir d'une foule de mouvements une place qui dépasse de très loin leurs petits corps physiques, et pourtant pleinement immobiles d'un point de vue spirituel. (Faut dire, quand il n'y a rien à faire bouger...). Le dogmatique fanatique religieux en est d'ailleurs le parfait exemple. Au regard de ces quelques exemples, aussi farfelus que je puisse l'être, jugez donc de l'immobilisme et du mouvement sans vous enfermer dans une raideur logique immuable et.... fixe ? Aussi, je dirai que physiquement, mon étoile filante a bien pris une place fixe, car tournée vers un seul point, là dans un seul but, et pour une seule raison. Son regard se porte au même endroit, et si on compare ses courses chaotiques préalables à sa condition de gardienne, de protectrice, et de muse, il ne semble pas délirant de voir sa place comme fixe.
De même qu'avant qu'elle ne s'impose un rôle et qu'elle ne cesse sa course folle, elle pouvait être regardée comme pourvue d'une immuable oisiveté, immobile dans un rôle inutile.De plus, c'est peut être lorsqu'elle a stoppé sa course qu'elle a commencé a bouger.
Dans l'absolu, non certainement pas figée, elle se fait déplacer par un ensemble d'attractions universelles. Mais est ce au fond réellement là l'important ?
Mon cher Koda,
en humble frère de l'ours permets moi juste de te rappeler que la petite étoile s'est posée en haut de la montagne de lumière. Depuis, c'est l'homme qui se bouge pour la voir, l'atteindre et la rêver de plus près.
Son mouvement, ses poussières, le petit éclat de son rire au fond de sa beauté froide, tout cela elle le transmets au pèlerin. On se mesure à son aulne et on en redescend un peu trop près de soi même ou trop loin d'elle, mais la petite lumière... elle est là.
La petite étoile a une place fixe, mais à présent c'est nous qui bougeons.
La petite étoile a une place fixe... que rien ne peut arrêter.
Loup.
P.S : ma référence à moi, introuvable hélas : "Dessin dans le Ciel" de Serge Reggiani (on a les quote que l'on peut... ;o)
Il faut dire KoNda, p'tit furet :)
Si tu me laisses sans N, j'en perds mon identité. Oh, je t'accorde bien volontiers qu'elle n'est pas reluisante d'une sublime magnificience, mais que veux tu, apres un certains temps, on s'habitue, et on s'y attache ainsi, qu'à force, elle devient compagne de voyage.
Pour ma part, cela ne sort pas d'une référence, d'une histoire, ou quoique ce soit de ce genre. Hier soir, alors que sur le siege arrière, on me ramenait chez moi, l'esprit vagabondant, j'ai capté le mot "etoile filante" d'une chanson qui passait sur la playlist.
Il y a eu un déclic, et ça a donné ceci, peu de temps après...
Pour l'étoile venant des cieux et descendant se poser sur Terre, suivant les indications, frère Loup, n'est il vraiment pas possible qu'elle ait pu se tromper ? Et que cela ne soit pas là ?
Tout dépend du regard qu'on pose sur les choses... :)
> http://www.youtube.com/watch?v=h0EzCVYn318
Bon, promis, ensuite, j'abandonne les lumières et le chant des étoiles, je retourne à mes cafards. Ils se morfondent sans moi, il faut que je prenne soin d'eux quand même...
je dirai juste que j'aime ce petit conte stellaire (ok, je réitère un propos déjà laissé sur MSN mais m'en fiche ^^)
le monde appartient bien aux rêveurs, et c'est tant mieux :)
Je l'aime bien aussi, je dois dire... Ca change un peu d'ambiance par rapport a d'habitude ! :)