Petite cuisine à la française

Publié le par konda galner

 

Et non ! Je ne vais pas vous faire un article culinaire sur la manière de préparer une tourte épinard-Nutella à la coriandre et au Tabasco, mais un p’tit état de… l’Etat.  Des Etats, tiens,  on ne va quand même pas faire dans le régionalisme franco-français.

 

 

Alors, tout le monde s’accorde pour le dire, c’est la merde. Partout, à tout point de vue. Le social fout le camp, l’économie se meurt, le politique, embourbé depuis des éons dans des marais sans fond s’accroche à son bandit-manchot, en tirant sur la poignée pour récupérer plus de pépettes… On déclenche des guerres sous couvert de préserver la paix, avec la sacro-sainte idée d’hégémonie comme quoi « c’est nous qu’on a raison, et tout autre pensée ne peut être qu’hérétique si on ne s’incline pas devant le dieu bifton ».  Avant on faisait ça guidé par la main de Dieu, (Cathares massacrés dans le Languedoc avec la célèbre phrase que le  légat du Pape, Arnaud Amaury, aurait prononcé « Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens », les massacres de la St Barthelemy jouant allègrement l’anéantissement des Protestants, la manière de conquérir l’Amérique du temps du grand empire espagnol, avec la controverse de Valladolid, ne cherchant finalement, sur fond théologique qu’un prétexte à la conquête de nouvelles terres riches, etc….), maintenant…. Ben finalement, on a juste changé de Dieu, ses temples sont des institutions financières appelées banques, places boursières, ses rites s’appellent placements, et ses bénédictions intérêts.

 

A la base pourtant, toute idéologie est noble. Dès qu’elles commencent à s’éparpiller et s’étendre, elles déconnent, là, c’est le caractère fondamentalement humain… (Tiens, voilà donc la raison profonde pour laquelle je suis un misanthrope humaniste !) Il y en a certaines qui déconnent dès la deuxième phrase, la première, loin d’être une négation destructrice, étant de « vouloir rendre l’homme meilleur » et « la Nation plus forte » (le tout fait étrangement penser aux mouvements fascistes, hein ?), d’autres, utopies pures considèrent que l’homme est généreux et bon par nature, et qu’il sait ce qu’il faut faire pour lui-même et son voisin, que l’ordre nait de la liberté, et que le pouvoir engendre le chaos (l’idéologie Anarchiste, la vrai, pas le sens nihiliste qu’on lui confère souvent), ou que toutes les classes sont égales, qu’il ne doit d’ailleurs pas y en avoir, défendant l’idée d’une société sans distinction de rang et sans Etat (idéologie Communiste, quand on y pense assez proche de l’Anarchisme). Même le capitalisme, devenu la manière la plus courue d’écraser la tronche de son voisin histoire de s’offrir un énième marchepied pour monte plus haut, c’est une ouverture sans frontière, pour laquelle la paix, le partenariat et le bien-être se font au travers d’un échange réciproque de biens, et de services, par l’intermédiaire du commerce exempt de toute frontière. On entend bien sur, un commerce équitable que l’on fait avec l’autre, et non à son détriment. La différence finalement entre « je grandis avec toi » et « je grandis contre toi ».  On peut même aller voir du côté du projet Vénus, qui ferait une hégémonie sur Terre par le biais de la science, et l’utilisation juste et saine des ressources de la planète, pour le bien de tous. (cf L'école néoclassique d'économie voit dans le capitalisme une coopération générale (la concurrence poussant les acteurs à se positionner au mieux compte tenu des positions des autres) qui inclut les générations passées et futures, et un accroissement de production général qui bénéficierait à tous. Selon la définition de wikipédia)

Tous ces modèles sont finalement, en les lisant comme tels, de véritables Eden sur Terre. Mais, mais… Mais alors, pourquoi est-ce que cela ne marche pas ??? Eh bien voilà le hic dans l’ensemble de tous ces engrenages parfaits : l’Homme. 


Alors, j’entends tout de suite venir les remarques –certes justes, dans les faits, mais inexactes dans le fond- sur le grand capital, ces salauds de patrons, que la richesse ne profite qu’aux riches, et que le gouffre social laisse une trace de plus en plus marquée au sein des classes, comme un chien qu’on écrase sur la route avec un 4x4. Tunné, de préférence, et avec la sono à fond. Oui, le système a quelque chose de pourri. Oui, les républiques bananières où les coups d’état se succèdent les uns aux autres, et où les nouveaux dirigeants ne font, finalement, que comme les précédents dictateurs, que s’en mettre le plus possible plein les poches avant que le suivant ne les déboulonnent ne sont pas très différentes de nos sociétés « évoluées », « civilisées », libres et démocratiques. On a juste remplacés les fusils et les grenades par les bulletins de vote et les médias. Ce sont juste des armes plus subtiles à manier, mais au fond, le résultat est le même. Et on nous offre les prime times, les matchs de foot, et les émissions de télé poubelle comme les jeux du cirque de l’Antiquité romaine. Du pain, et des jeux, et on votera pour celui qui nous fera gagner la coupe du monde, en nous filant des tranches de pain-saucisse dans les stades.

 

La classe politique est humainement pourrie, parce que le pouvoir corrompt. Pourquoi est-ce le cas aussi ostensiblement ? Mais juste parce qu’ils en ont les moyens. Et qu’on leur donne. Une dictature en suit toujours une autre, il y a, au sein de l’Histoire, quelques périodes différentes, mais ce sont juste au final des périodes de transition. La Révolution française et la première République ? Tombée, et finie par une dictature impériale sous Napoléon 1er, parce qu’on l’a amené au pouvoir. Certes, il a forcé la main par un coup d’état, mais sinon… Il a été nommé premier consul, et il a pris le pouvoir parce que la première République était devenue un fruit pourri et corrompu. L’après deuxième guerre mondiale, avec de grands idéaux et une reconstruction ? Oui, avec un personnage éclairé à la tête de la France, une période de reconstruction, où il fallait tout faire, tout re-faire, et où l’on voulait vivre. Et non posséder. On voulait faire, et non avoir. Et quand on a été mieux, on a voulu avoir plus. Et encore plus, puis… plus que le voisin. Plus que le frère, plus que le père.  Une notion a été perdue, celle de mérite. Et celle de devoir. Sommes-nous mieux que les hommes politiques que nous conspuons tant ? (Allez, tous en cœur : « tous des vendus ! ») En fait, non.

L’homme a la misère solidaire, et le pouvoir solitaire. Il hurle à l’injustice avec ses semblables quand il n’a rien, ou peu, ou même, pas assez à son goût. Et il défend bec et ongles ses avoirs, ses acquis sociaux, ses trésors, son petit confort, dès qu’il sent que celui-ci pourrait être menacé. Le bien pour tous, tout le monde est d’accord, tant que dans ce « tous » altruiste, chacun passe en premier égoïstement. Tiens, deux petits tests :

 

Vous faites les courses, et la caissière se trompe en vous rendant la monnaie. Oh pas grand-chose, mais, juste une dizaine d’euros… Vous lui dites ? Vous êtes surs ?

 

Un homme perd son portefeuille, visiblement bien chargé, dans un  couloir désert, et il ne s’en aperçoit pas. Un deuxième le voit. Il est seul dans ce couloir. Selon vous, combien le ramasserait et le rendrait intact, avec l’ensemble de son contenu ? Et réfléchissez bien, vous même : le feriez-vous ? Réellement ? Pourtant cet argent n’est pas à vous.  Vous ne l’avez pas gagné, et vous ne l’avez pas mérité. Allez, je donne déjà les excuses : « il n’avait qu’à pas le laisser tomber, je vais garder le liquide, et dire que j’ai juste trouvé le portefeuille, qu’il n’y avait rien dedans. » ou encore « si ce n’est pas moi, c’est un autre qui le prendrait, alors, autant que ça soit moi ! »

 

C’est un petit crime, oui… Ce n’est pas grand-chose... oui… y’a pas mort d’homme… Qui sait ? La caissière pourrait perdre son emploi, et ne plus pouvoir vivre, l’homme n’avait peut-être que ces économies là pour vivre, qu’il avait retiré de la banque avant de ne plus pouvoir le faire, et cela prend une dimension différente. Et il peut y avoir mort d’homme, au final.

 

Les administrations et les structures communales, départementales, régionales, sont des gouffres financiers où l’argent public est mal géré, dilapidé, et servi au bon fonctionnement des élus, et de leurs serviteurs. Oui, mais bon, c’est de l’argent public, y’en a plein, quelques milliers d’euros de différence, cela ne fait pas grand-chose… Et quelques milliers d’euros, dans quelques milliers de structures, quelques milliers de fois par an, cela se chiffre en milliards. Mais là encore, ce sont de petits crimes, juste répétés jusqu’à une proportion abracadabrante. Et plus on monte dans la hiérarchie du pouvoir, plus on jongle avec de gros chiffres… Les scandales sont les mêmes chez le petit artisan qui fraude aux impôts, que le haut fonctionnaire qui se ponctionne la part du Lion sur les deniers publics. Seuls les chiffres diffèrent, l’acte et le même. Celui qui se fait poser un congé maladie parce qu’il n’a pas consommé son intégralité pendant l’année en cours, fait la même chose que l’élu qui prend son salaire en dormant à l’assemblée nationale. L’acte est le même, la somme diffère. En somme, on fraude tous selon nos propres possibilités.

 

Etonnant de voir d’ailleurs, que si tout le monde payait ses impôts, justement, les taxes et les cotisations sociales, aussi bien les grosses entreprises que les petits particuliers, les charges baisseraient… Pour tous. Au lieu de ça, on préfère, à court terme, frauder un peu plus, et que les autres prennent en charge.

 

Quand j’ai mal au crâne, je sais que pour me soigner, je vais à la pharmacie pour prendre du paracétamol. Ca va me coûter 2 €. Si je vais chez le médecin, pour qu’il me fasse une ordonnance, que la sécu la paye, pour une vingtaine d’euros, que j’aille a la pharmacie pour l’avoir gratis… J’aurai dépensé autant, sinon plus, en déplacement, parking, voir pv, si je ne veux pas payer le parcmètre, ou en transport en commun… Sans compter la perte de temps (pis le temps, c’est de l’argent !), et l’usure des semelles des gaudasses. Au final, pour ne pas payer 2€, j’en aurai dépensé plus, et j’aurai fait payer 22€ à l’Etat… Magnifique d’une logique absurde qui régit ce monde. Sans compter bien sûr, les éventuels examens inutiles, la sur-prescription des médecins, etc…. Ceci quelques dizaines de millions de fois dans l’Hexagone, et on en revient à des milliards.

 

Tiens, il y a peu de temps, un collègue de boulot me racontait qu’il s’était fait choper, comme tous les automobilistes l’entourant, parce que les flics – « ces sales bâtards », selon ses propres termes- s’étaient posés avec un radar quelques centaines de mètres avant un radar fixe bien connu et bien signalé. Et qu’il s’était fait pris une prune. Une question bête : le radar fixe est signalé, pour qu’il y ait une régulation et une attention des conducteurs par rapport à la vitesse. Bon. Maintenant, ca ne veut pas dire qu’il faut foncer avant, ralentir juste ce qu’il faut sur 300m, puis écraser allègrement la pédale d’accélérateur ensuite en faisant trembler toute la carrosserie de la caisse comme si elle allait exploser ! Ces « bâtards de flics» ont juste réagi par rapport à la fraude des automobilistes. Et tu as joué, comme un con, en pensant être intouchable, et que tu étais le roi de la route, que même Mad Max, il te doit la priorité. Et tu as perdu. Alors paye ton amende, la limitation de vitesse n’était pas là pour les skate-boards et les cyclistes !

 

Ce qui déconne dans ce monde, ce n’est ni la gente politique, ni le système lui-même, (sur le papier, et quel qu’il soit, il est parfait), c’est la mentalité de l’Homme. Quel que soit son élévation au sein de notre sacro-sainte société consumériste. Vous voulez que les choses aillent mieux ? Moi aussi…

 

Arrêtons tous d’être con, nous sommes les propres architectes de nos prisons, et de nos dictatures.

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konda galner 29/08/2011 21:10



Tiens, d'ailleurs, j'imagine bien un régime où les dirigeants, de quartier, communaux, régionaux, ou nationaux, ne serait pas candidats, mais choisis par des groupes communautaires. De quartier,
d'abord, qui choisiraient eux mêmes les municipaux, qui choisiraient les régionaux, etc.....

La différence, c'est que leur patrimoine leur serait confisqué par l'Etat, et qu'il leur srait rendu UNIQUEMENT a la fin de leur mandat l'equivalent de ce qu'ils auraient fourni comme travail, et
comme résultat.

Il y aurait moins de volontaires pour les deniers publics, et ceux qui se présenteraient le ferait par idéologie, et non par volonté de s'en mettre plein les poches....