quelques vieux écrits

Lundi 17 août 2009

Il est des journées où l'on déambule un peu au hasard, l'esprit dans le vague et un peu perdu, ne sachant où nous portent nos pas. Souvent, elles se révèlent au final assez vides, mais il est parfois, au cours de nos avancées hasardeuses, des visions ou des rencontres qui surprennent. Tiens, la semaine dernière, justement, alors que j'avais tout mon temps libre, je suis parti me promener en ville, et croisant une ANPE, j'ai noté dans la file interminable une silhouette insolite. Quelquepart le plus étonnant était que personne ne semblait surpris qu'elle soit là, comme si c'était une habitude ou une évidence.

Elle était grande et ténébreuse, vêtue de cape, squelettique et brandissant une grande faux à la main. Je me suis approché alors, interloqué, et j'ai demandé à lui parler, si elle avait quelques instants :

- Ma question peut sembler stupide, mais vous êtes bien celle que je crois ?


- Oui, je suis la Mort, me dit elle accompagné d'un sourire triste.


- Mais... Qu'est ce que vous faites ici, dans une file d'attente pour les demandeurs d'emploi ?


- Oh, vous savez, j'ai raccroché... J'essaye de me reconvertir. J'ai failli avoir un rôle secondaire dans une série, mais il paraît que mon personnage n'est pas assez crédible.


- Mais c'est impensable ! La mort qui démissionne ? A la rigueur, des vacances, je comprendrais, encore que déjà, cela risquerait de surprendre un peu, mais une démission...


- Rassurez vous, la relève est assurée. Il y a pour ça, plusieurs organisations internationales, aux tendances plus capitalistes qu'artisanales, qui s'occupent du passage vers l'au-delà. Quand ils ont commencé à faire de la publicité pour des packages tout en un, ça m'a fait sourire, mais peut-être aurais-je du voir là, une menace plus sérieuse, renouer un contact plus proche avec mes clients, et m'organiser. Quand je m'en suis rendu compte, il était trop tard, et le marché était déjà saturé. J'étais dépassé, comment voulez vous que je lutte ? Les taxis express vers l'au-delà vous proposent un passage instantané sans souffrance, la compagnie Dead Charters, par effet de masse, plombent les prix du marché, et il y a même des options famille, avec tarifs dégressifs en fonction du nombre d'individus. Certains, même, violent pratiquement les lois anti-trusts, en proposant une assurance mort, permettant de cotiser jusqu'à trépas pour s'assurer une existence meilleure ensuite. Non, je suis de l'histoire ancienne.


- Je n'arrive pas à y croire. Je ne me vois pas faire appel à quelqu'un d'autre pour passer de vie à trépas.


- Et bien il vaudrait mieux vous y préparer tout de suite, pour le salut de votre âme, il est maintenant nécessaire de sacrifier votre porte-monnaie. D'ailleurs, ce qui me plaisait moi, c'était le contact humain, la diversité des milliards de personnes que je pouvais cotoyer, quelques instants parfois, mais qui témoignaient d'une richesse fabuleuse. L'un des derniers clients que j'ai eu était assureur, il a essayé de marchander son décès en me refourguant une assurance vie, parce qu'avec ce contrat, il pourrait s'offrir le summum de l'après-vie chez les Joyeux Trépassés. Non, ce n'est plus pour moi. J'ai été ravie de discuter avec vous, c'est rare, de nos jours, mais je dois retourner dans la file, sinon, je ne pourrai pas avoir une entrevue aujourd'hui. Je vous souhaite une bonne journée...


Et elle s'en va, tranquillement, avec une humilité et une discrétion qui la rendent fragile...

Par konda galner
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Mercredi 10 septembre 2008

N'étant que plagiaire et emprunteur de rythmique, je ne puis que m'excuser devant ce grand auteur, cet interprète qui encore, parcourt les salles alors que sa carrière n'a plus rien à envier à beaucoup, d'avoir ainsi assombri d'un voile de jais les traits de sa chanson... De préférence, pour tout interprète sur cette version bien moins travaillée que l'originale, à l'orgue, avec un écho d'outre-tombe.



Vers les limbes, où l'effroi de mes nuits me glace l'égo
Il m'arrive de vivre l'insomnie de mes idéaux
Parsemés d'une odeur sucrée d'un avenir perdu
Où des visions descendent telles des anges déchus
Et sans age
De leurs ailes de cachemire, ils génèrent les vents
De fièvres et de délires aux sifflements tranchants
Et sauvages
Moi qui fut bercé toute ma vie de baisers, d'aurores
Je parcours les méandres de l'ennui, l'abandon des corps

Emmenez-moi, au bout de l'Ether
Emmenez moi au pays des chimères
Il me semble que les cerbères
Auraient les charmes pour me plaire

Dans les bars, entouré d'autres sourds, et sortes de malandrins
L'alchimiste me distille l'oubli dont l'âme a besoin
Réfugié dans la confusion d'un nuage éthylique
J'ai rompu ma raison avec un rire cynique
Salutaire
Où des filles sans saveur m'enjolent de sourires
Partagent mes ardeurs de prophète d'une ire
Lapidaire
Quand mes yeux ferment et que les malins rejoignent leurs consorts
Je retrouve mes anges de fer, et signe leur accord
 
Emmenez-moi, au bout de l'Ether
Emmenez moi au pays des chimères
Il me semble que les cerbères
Auraient les charmes pour me plaire

Un beau jour, comme la figure de proue de la barque de Charron
Pour partir, je livrerai l'eco, d'or ou de charbon
Et qu'il me mène au loin, au gré de ses dérives,
ou l'on parcourt les plans, et illumine les villes 
Les Edens
Où les naiades me font signe, d'un geste de la main,
M'invitent à les rejoindre et mes sens me vrillent
De poèmes
Je fuierai laissant là mon cadavre, ma vide enveloppe
mon bagage de chair delaissé, je rirai encore

Emmenez-moi, au bout de l'Ether
Emmenez moi au pays des chimères
Il me semble que les cerbères
Auraient les charmes pour me plaire

Par konda galner
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Lundi 25 février 2008


Les heureux êtres inertes de leur joie bénie
S'abiment dans le gel d'une routine infinie
Portant comme une croix ce plaisant simulacre
Où fusionnent douce rancoeur et plénitude âcre
Ca sent la fin des temps et la visite au psy
Dans ce vestige social qu'on disait pour la vie
Les rapaces sourient, tout en compatissant
D'un discours décadent se voulant renaissant

J'ai damné mon âme de mes songes
Une parure de ténèbres où mes synapses plongent
J'ai damné mon âme de mes songes
Un fruit si délicieux que même les vers le rongent
J'ai damné mon âme de mes songes

Pantin sentimental balloté par ses vices
J'ai fait de mon myocarde mon marionnetiste
Je rêve d'être dépecé à coups de Morgenstern
Et reconstruit des mains de Victor Frankenstein
Les passions s'éveillant, vivre de flammes en cendres, 
Comme un zombi errant mordant dans la chair tendre
Où j'expulse ma rage, mes drogues et mes sévices
En un fast-food des sens et de ses artifices

J'ai damné mon âme de mes songes
Une parure de ténèbres où mes synapses plongent
J'ai damné mon âme de mes songes
Un fruit si délicieux que même les vers le rongent
J'ai damné mon âme de mes songes

Exangu, exalté sur un air de Carmen
Goutant de la faucheuse son delicieux hymen
Je vogue dans le brouillard de vapeurs éthyliques
Où mes délires se trament de souvenirs iniques
Et créent une tapisserie de mon avenir passé
Qui regarde mon cadavre comme un Cain damné
Je transmute en carcère, emprisonne Tantale
Et transforme ses douleurs en mon obscur mental

J'ai damné mon âme de mes songes
Une parure de ténèbres où mes synapses plongent
J'ai damné mon âme de mes songes
Un fruit si délicieux que même les vers le rongent
J'ai damné mon âme de mes songes

(Sur un air scandale mélancolique de Thiéfaine, partenaire de mes nuits de blues. Emprunt de sa rythmique)

Par konda galner
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Dimanche 24 février 2008

Un grand Loup s'en allait à grands pas,
Retrouver sa muse, celle pour qui son coeur bat
Il croise une jeune fille, toute de rouge vêtue
Avec sourire de braise, et regard entendu

"Hola, monseigneur le Loup, où courrez vous comme ça ?
"Ne m'aiderez vous donc point à traverser ces bois ?
"Javoue simplement que, quand vient la nuit,
"les ombres s'allongent, et ma peur aussi"

Etant d'âme généreuse, et touché par la grâce,
il ne concevait point de la laisser sur place
Aussi, innocemment, lui tendit il le bras,
Afin de la guider là où elle ne tremblerait pas

La nuit était claire, les odeurs des forêts
Embaumaient l'air entier en cette fin d'été
Mais il ne voyait pas que parmi les arbres
Les yeux doux de sa belle se durcissaient de marbre

Son cri déchira la nuit,
Dans l'obscurité, s'éteignit
Le loup fou, courra la retrouver
Il ne gagna que tristesse et regrets.

La suite est une sombre histoire,
Pour le loup qui perdit tout espoir.
Son âme brisée, découpée à la hache
Abandonna à jamais sa grandeur, son panache

Aussi que vous soyez bucheron,
Grand mère, passant, ou chaperon
Ne jugez pas trop vite un coeur amer
Il n'a peut etre pas toujours été de pierre

Par konda galner
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Mercredi 20 février 2008

Pas à pas, le matin s'avance et la nuit se dissout
Sa présence, dans mon rêve rend l'air un peu plus doux.
La tendresse de son être, la chaleur de ses baisers,
Me retiennent en mes songes, m'empechent de m'éveiller.

Garder les yeux fermés, prolonger le plaisir
Ne pas briser ce moment, retarder le pire
Ne pas regarder la deuxieme place a coté de moi
Pour me rendre compte enfin, qu'elle n'est pas la.

J'ouvre les yeux, emerveillé, j'apercois
La courbe de son dos, ses cheveux emmêlés.
Je n'y crois pas, elle est la, sous les draps
Encore blottie dans les bras de Morphée

Un souffle d'air frais lui arrache un soupir.
Doucement, elle se tourne, elle s'etire
Ses yeux s'entrouvrent a la lumiere
Je retiens mon souffle, dis une priere

De ses levres fragiles, elle me sourit...
De ce simple geste, elle m'amene a la vie.
La chaleur de ses bras, la douceur de sa peau,
M'entrainent tendrement dans ce monde clos

Fait de lumieres, de passions,
De visions troubles à l'unisson.
Je suis éveillé, et je vis mon rêve
Blotti contre elle, je savoure la seve

Les années ont passé
Mon rêve est resté
Chaque matin, et rien qu'a moi
Elle me sourit comme cette fois là

Par konda galner
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Mercredi 20 février 2008

Chasseur à l'affut aux heures d'obsidienne,
Sous un masque d'ombre, je guette ma victime,
Créant l'empathie d'un regard ou d'une rime,
Libre de mes emotions, je provoque les tiennes.

Assoifé de sourires, de contacts, et d'espoirs,
D'amours, de haines, de coleres, ou de joies,
Je vampirise tout ce qu'il m'est donné de voir,
J'invoque ce que tu caches au plus profond de toi.

Je pénètre en ton etre comme un fin criminel,
Cependant je depose, plutot que je ne derobe.
Entré par effraction, mais pourtant doux Machiavel,
Craignant les matins, je m'efface bien avant l'aube.

Pas meme un souvenir, je laisse la trace d'un songe,
D'une plenitude, d'une compassion, d'une treve.
Si tu me recroises au detours de mes reves,
Laisse donc un peu d'amour, au cancer qui me ronge.

Par konda galner
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Mercredi 20 février 2008

Descendant comme un souffle dans un ciel de tempete,
Volant d'éclats pourpres en cheminant sa route,
Elle arrive vers moi, sacrifié qui la guette,
Sa venue libérant mes peurs et mes doutes.

Implacable et superbe, en sa robe de ténèbres,
Je l'attends immobile, calme et transparent,
Le vent me siffle une dernière marche funèbre
Accompagnant les pleurs des saules m'entourant

Vois ! Ses gestes sont graciles, et son sourire compatissant.
Vois ! Elle glisse sur le fil d'une lumière d'argent.
Vois ! Elle ne vient pas mener mes restes au néant.
Vois... Elle me délivre juste de quelques vils tourments.

Elle s'approche de moi, flottant à quelques pas
Son visage reflète tendresse désintéressée
Ses traits en monochrome, la douceur du trépas
Elle se penche vers moi, et m'offre sa bonté.

"Il n'est pas encore l'heure, il faut encore survivre,
Laisse s'écouler les pleurs, ils ne font que rendre ivre.
Ce soir, je ne suis ici que pour une danse d'aurore,
Le temps de t'emmener n'est pas venu encore"

Elle m'entraine dans les airs, comme un prince consort,
Volant en une valse delicieuse, elle m'offre ce trésor
En cette nuit de jais, j'ai dansé avec la mort.

Konda Galner

Par konda galner
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